La motivation n'est pas une cause qui corresponde logiquement à un effet: c’est une impulsion qui se transmet et perdure dans le geste qui forme l’image. On peut la lire et la sentir dans la vibration des lignes et dans la phosphorescence des couleurs. Ce sont des œuvres en expansion, des œuvres vitales dans lesquelles la matière se croise et s’emmêle. Des conflagrations génératrices de plaisirs qui se déchaînent par à coups, à base de poussées instinctives. Des jeux créatifs, des diversions magiques à travers la lumière et les ombres, ou dans l’air et dans l’eau.

On peut la définir comme une peinture en action, réalisée et obtenue à distance. Une masse en fusion qui s’étend sur la toile, qui se convertit en carrefour de toutes les sensations. Des sensations en suspens, des métaphores visuelles qui dansent autour des hommes, du désir et de la réalité construite. L’air se remplit de constructions vaporeuses et légèrement humides, partout, les fluides émergent à la surface tels un magma en mouvement...>>>

Une peinture en action, et non un moment pratique ou opérationnel d’un processus intellectuel ou de connaissance, mais comme explicitation d’une impulsion intérieure. Le tableau n’est autre que l’espace dans lequel l’action s’explique. Il n’exprime ni ne représente aucune réalité, subjective ou objective: il décharge une tension accumulée par l’artiste. C’est une action non préméditée et critique, confrontée et opposée à une société où tout est planifié. Un point d’inflexion qui permet de s’élever au-dessus de la ligne de l’horizon en utilisant des éléments abstraits, aussi abstraits que les rêves et les désirs qui luttent pour changer ce qui existe, pour découvrir l’inconnu, pour sortir d’eux-mêmes et pénétrer dans un autre milieu.

Ces approches de Susana Alonso aux origines, à l’essentiel, avec leurs excès de signifiants et la renonciation aux significations rationnelles constituent une rencontre avec l’authenticité des instincts.

Une appropriation délibérée des valeurs mythiques et magiques, un exercice de liberté et une recherche d’identité constante. Quelque chose comme laver la vie dans le flux du temps. Miroirs et spectres, ornements aussi. Je cite Walter Benjamin:"Les ornements sont les maisons de l’esprit".

Ce retour au contact direct avec le désir, où la peinture devient clairement ludique, émanant de l’émotion, s’éloigne de séries antérieures,...

Artemis Olaizola

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Artemis Olaizola

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